dimanche 23 mai 2010

MEETING WITH A KAMIKAZE




Rencontre unique à Nana Plaza, au Sphinx, pendant que j'attendais Preeya, en train de mater l'incendie du Central Center allumé par des Red Shirts en déroute. Juchée sur un tabouret, accoudée à la rembarde en bois qui court le long de la terrasse de mon QG, Leyla, jeune palestinienne de vingt ans. Elle m'aborde en m'offrant un badge confectionné par ses doigts de fée. Palestine vaincra, Palestine vivra. La calligraphie à l'encre rouge, comme le sang de sa petite fleur qu'elle m'offrira bientôt en guise d'adieu, a la sûreté et la beauté de celles des vieux maîtres. Avant d'aller se faire exploser quelque part, Kabul ou Jerusalem, Leyla s'est offert une virée à Ko Samui. Ultime voyage avant le Paradis promis. Dans ma piaule louée au Royal Nana, j'ai oublié Preeya. Avec la fougue de ceux qui vont mourir, Leyla a d'abord voulu s'envoyer en l'air avec un farang . Saint Just, toujours au mauvais endroit, hérite de la délicate mission. Je n'ai pas les mots pour décrire ces instants sublimes, où pulsions de vie et de mort s'entrelacent jusqu'au néant. Sa chatte gorgée de miel plus suave que celui de Chiang Mai, son sourire plus blanc que les toits des ruines de Gaza. Et moi, pauvre sniper de l'amour, tirant à blanc dans une ultime tentative de lui faire renoncer à sa chimère. A l'aube elle s'en est allée, métamorphosée en ange vengeur, déjà ailleurs. Depuis, j'ai les yeux rivés sur CNN, attendant l'annonce d'un attentat suicide commis par une jeune palestinienne que rien n'aurait pu détourner de son but. Une petite grande âme, comme l'aurait dit le père Hugo.

samedi 1 mai 2010

RESSORTIE D'UN CLASSIQUE !











Bonne nouvelle, ré-édition d'un classique de Saint Just : ON M'AVAIT ENVOYEE DANS UNE BANLIEUE CHAUDE.




Le pitch : Jeune pigiste envoyée en reportage en banlieue, Ségolène découvre la vraie vie du 93 à Saint Denis. Racket sexuel dans les caves, rodéos nocturnes où on s'envoie en l'air dans des voitures volées, rien ne lui est épargné. La vie dans la cité, c'est de la bombe (sexuelle) ! Quand Beurettes riment avec quéquettes, y a le feu dans la banlieue !




Visite d'un petit temple chinois près de Khao San Road où une farang girl souhaitait que je l'aide à écrire une confession coquine. Seul oasis de ce coin que je déteste, avec ces backpackers qui se la jouent Indiana Jones en bad trip.
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samedi 3 avril 2010

BAN CHAN







Nouvelle claque au cinéma avec BAN CHAN, que m'a fait découvrir Preeya à l'Emporium. L'histoire d'un gamin issu d'une famille de comiques, qui n'arrive pas à faire rire les autres. Sa rencontre avec une belle dermatologue va changer sa vie. Une merveille de drôlerie et de sensibilité, un grand film thaï, loin des productions habituelles. Le soir même, je file seul à Saphan Kwai pour aller voir un ami. A quelques pas de la station BTS, c'est le choc : l'immense cinoche où j'avais découvert ONG BAK en VO est en cours de démolition ! Après Soi Zero sur Sukhumvit Road avec ses petits bars sympas, voilà encore la gangrène des condominiums et des shopping centers qui se propage dans Bangkok. J'ai fait le tour de ce vaisseau, peut-être le dernier à avoir résisté face aux complexes multi-salles qui vous gèlent le cul avec leur clim' à l'américaine. Je n'ai pris qu'une photo, incapable d'immortaliser la salle où les gravas ont remplacé les fauteuils déjà arrachés. Quelques affiches traînent ça et là, je garde un souvenir ému du projectionniste qui m'invitait dans la cabine de projection qui lui servait aussi de logement. Il me filait des affiches et des photos de films en échange de quelques paquets de clopes. Cinéma Paradiso, remake à Bangkok. Je déteste les remakes !

mardi 30 mars 2010

Back to Bangkok







Retour à Nana Plaza après une longue escapade à Hong Kong pour oublier Lek. A peine les bagages défaits, j'ai filé à Siam Square pour aller au cinéma. A l'affiche, AIR DOLL, un film japonais dans lequel une poupée gonflable prend vie en l'absence de son propriétaire. Génial et bien traité ! Par contre, dans le coin c'est le bordel, avec le déferlement des Red Shirts, les partisans de l'ancien premier ministre destitué, Taksin Shinawatra. Une horde pétaradante et bon enfant qui finira dans le sang, pour une fois versé volontairement à des infirmières pour être jeté à la face du gouvernement en place. Un régal pour des braqueurs vampires !



Après le film, j'ai rejoint Preeya au Sphinx, à Nana Plaza. Au menu brochettes, feuilles de chou et piment. Je retarde le moment où je vais la convier dans ma piaule. Saint Just qui prend son temps, flirte et papote en gentleman, jusqu'où va se nicher la crise ?

vendredi 5 février 2010

HAPPY TOGETHER







La sublissime Jenny n'est pas seulement douée avec un micro, elle est aussi d'une souplesse remarquable, grâce à la pratique régulière du kung fu. S'il m'arrive de faire le singe, Jenny elle en connaît un rayon dans les figures classiques de combat, de celle de la grue jusqu'au tigre. Un bestiaire qui me vaut des démonstrations dans ma piaule de l'hôtel, où ses cris dignes d'Angela Mao rivalisent avec ceux qu'elle pousse quand je lui taquine le minou d'une langue vorace.



Entre ébats et combats, promenades romantiques dans Hong Kong, je remonte le temps en trimbalant mes fantomes...

dimanche 10 janvier 2010

FANTASY GIG














Chantant comme un wok, je laisse le micro à Jenny Lau, hôtesse délicieuse du Golden Goose.





Histoire de la taquiner, je lui demande si elle n'est pas la petite soeur d'Andy, ce qui la fait glousser de joie. So cute ! Armée d'un micro d'argent inscrusté de paillettes qui scintillent dans la boule à facettes au plafond du salon privé, à l'ambiance kawaii très Hello Kitty, elle entonne un à un les standards d'Anita Mui. Foi de Saint Just, j'en ai les larmes aux yeux et mon coeur se serre en songeant à la première cassette de la star achetée à Mong Kok, dans les eighties. Avec stupeur, je m'aperçois que la mort de Lek ne m'a pas autant attristé. Pour communier davantage avec ces défuntes qui hantent mes nuits, je laisse Jenny dégainer mon micro balladeur à moi, mon chibre qui pointe le bout de son nez dans la fièvre de la canto pop. Accroupie devant moi, elle tourne le dos à l'écran, pas grave, elle connaît les paroles par coeur. Mon regard embué d'émotion lorgne ses cuisses blanches révélées par le chong seam fendu. Malicieuse, Jenny commence à me lécher le gland pendant les breaks musicaux. Sa langue souple et soyeuse s'enroule autour, avant de bifurquer vers le micro pour reprendre la chanson. C'est comme si Anita s'était réincarnée en hôtesse de KoK et me pompait, moi le pauvre gweilo.





Sa bouche est un écrin satiné, je m'y abandonne en taquinant la culotte blanche du bout du pied. Jenny pourrait me chanter l'intégrale, je ne suis pas pressé de jouir.